dimanche 2 août 2009

S’impliquer dans sa vie

De toute façon on ne peut rien faire, nous ne sommes que des pions dans l'échiquier mondial, les politiciens et les financiers mènent le monde, dans nos entreprises les patrons ne partagent pas, dans nos couples nous n'avons pas le temps, nos enfants sont dans leur monde, la terre je ne peux rien faire dans mon coin, quand à moi, je n'ai même pas le temps de penser à moi.

A partir de là, tout est dit. Encore quelques dizaines d'années à ce rythme et on aura eu une vie bien remplit, une Vie !

Comment sortir de ce train train, de cette fatalité, sans passer par les extrêmes ou se retirer du monde ?

Avant d'essayer quoi que ce soit, pourquoi ne pas tenter de trouver une réponse, un truc simple qui dépend juste de nous. S'impliquer ! Faire de tous les moments quotidiens un enrichissement personnel, vivre pleinement ici et maintenant, vivre en conscience.

Facile à dire, facile à faire… en restant simple et en se demandant ce qu'on pourrait apporter de personnel à notre travail, à nos enfants, à nos compagnes, nos amis, ou à la terre, un peu de nous de ce que nous sommes de ce que nous ressentons de ce qui nous fait vivre et vibrer.

A nos enfants leur parler de nous, leur faire partager des moments, les amener à découvrir les ressources de la terre, la beauté des paysages, des monuments, des livres, des films et surtout ne pas les laisser seuls face à leur avenir une télécommande à la main.

A nos patrons leur parler de nos envies de nos compétences de notre place dans l'entreprise, et jouer le jeu, s'impliquer sur chaque action, être concentré sur l'ensemble de ce que j'apporte ou je pourrais apporter, faire des choix, les partager, les assumer, et avancer en étant responsable, pas en attendant que l'entreprise s'occupe de moi.

Bref faire des choix en toute conscience trouver sa place et laisser exprimer qui je suis et puis s'apercevoir qu'en changeant son quotidien, on influence notre entourage.

Avant tout impact sur la famille, le travail, la terre ou Wall Street, l'«implication» nous apporte un bénéfice immédiat, un questionnement sur nos motivations profondes, un lien entre ce que nous vivons aujourd'hui et où nous souhaitons aller. Un vrai temps pour soi, une rencontre avec qui nous sommes, un temps qui nous fait avancer, qui nous fait grandir.



mardi 23 juin 2009

Manger, boire, respirer « sain » ? : Réponse mathématique et sagesse des anciens

André Malraux a dit « le troisième millénaire sera spirituel ou ne sera pas », et par spiritualité il faut, selon moi, entendre la réconciliation avec les lois de la nature. Un retour aux sources et aux fondamentaux, est nécessaire : Respirer, boire et manger sainement…sans ce tiercé gagnant, il y a peu de chance que la spiritualité, « casaque claire, toque foncée », vienne se placer en outsider…

J’ai donc pris un papier, une calculatrice, un stylo pour un petit exercice permettant de mesurer ce qu’un être humain consomme en air, eau et nourriture tout au long de sa vie, quand il a la chance de faire partie de la fraction nantie de l’humanité.

Prenons donc une espérance de vie de 81 ans, soit à peu près 30000 journées de 24 heures.

Dans une journée de 24 heures, nous inspirons et filtrons dans nos poumons 10000 litres d’Air, soit près de 880000 microbes, si on passe la journée sur les Champs-Elysées par exemple, et 500 si on la passe en forêt de fontainebleau !

Nous buvons aussi 1 litre d’eau (avec ou sans nitrate ?) et nous mangeons 1 kilo de nourriture (excès de graisse ? de sel ? de sucre ?).

En fin de vie, nous aurons respiré 300 Millions de litres d’Air et nous aurons bu et mangé l’équivalent de 2 camions de 30 tonnes…pas étonnant qu’on se traîne comme une voiture asthmatique, d’autant plus que cela se fait généralement sans changer de filtres : mêmes poumons (filtre à air), mêmes reins (filtre à essence), même foie (filtre à huile) et mêmes intestins (notre centrale portative de recyclage et élimination des déchets).

Le corps humain est une petite merveille comparée à la plus fabuleuse des mécaniques, et son entretien procède de réflexes simples : Prendre l’air, boire et manger sainement…si cette hygiène de vie n’est pas respectée, les cellules s’encrassent, et vont décider de faire appel à un tonton flingueur pour faire le ménage : la maladie…

Cette vision volontairement provocatrice et décalée, est proche de celle dispensée dans le Charaka Samhita, ouvrage fondateur de Ayurveda, la "Science de la Vie", née en Inde il y a plus de 3500 ans, et qui considère l’alimentation comme le 1er traitement :

« Quand le régime est mauvais, les médicaments sont inutiles, quand le régime est correct, les médicaments ne sont pas nécessaires »

Qu’est-ce qu’un bon régime et une bonne hygiène de vie ?

« Il faut que tu respires », comme le chante Mickey 3 D, et si possible au grand Air, et loin des zones urbaines,

Pour l’alimentation, les anciens sages fondateurs de l’Ayurveda, nous recommandent de respecter les 6 caractéristiques suivantes de votre alimentation quotidienne:

Produits du terroir: privilégier les aliments naturels de votre lieu de vie,

Produits de saison: A chaque saison, ses fruits et ses légumes. Notre corps aussi a ses saisons…

Produits frais: Au-delà de 48 heures, les toxines commencent à se développer…

Harmonie de goût : il y en a 6 (Sucré, Acide, Salé, Amer, Piquant, Astringent). L’alimentation moderne fait la part belle aux 3 premières S-A-S, pensez aux 3 autres…A-P-A, comme "pas de bonne pêche sans de bons appâts"

Harmonie de couleurs : La nature est harmonieuse, colorée, nos assiettes doivent l’être également,

Esprit de préparation : C’est cette règle qui est la plus souvent oubliée chez les occidentaux : pensez à ce que vous préparez, et soyez à ce que vous mangez et partagez avec vos amis, votre famille…mettez y de l’intention, du partage, de la convivialité,..

Considérez ce message de + de 3500 ans, comme la 1ere prescription de la médecine universelle et intemporelle, celle qui nous relie à la Terre…Il s’agit simplement d’y lire un peu de notre histoire et de notre projet.

dimanche 21 juin 2009

La sirène de Copenhague


Je n'ai pas peur mais je suis inquiet. Dans moins de 6 mois maintenant, l'ensemble de ce qui compte de "décideurs" sur la planète va devoir prendre des mesures exceptionnelles pour enrayer une catastrophe programmée. 2025, quinze ans, voilà le temps, le peu de temps qu'il nous reste pour éviter de tomber dans l'irréversible.
A ceux qui ne veulent voir dans l'entame de ce petit texte qu'un énième discours de rabat-joie pessimiste incapable d'une confiance à toute épreuve dans l'exceptionnel talent de l'espèce humaine à se sortir de toutes les situations, je rappelle à ceux-là qu'ils ont plus souvent fait partie des débuts que des fins, des Vichy que des De Gaulle, des abris anti-atomiques que des premières lignes, des gros 4x4 plutôt que des vélos.
Les évènements du dernier siècle à eux seuls suffisent à comprendre à quel point nous ne consentons pas au réel. La guerre de 14/18 devait durer un an, les allemands devaient rester bloqués en Pologne en 1939, le Rwanda était un conflit "local et isolé, inter-ethnique". Qui aurait même parié sur l'arrivée d'un deuxième avion dans les Twin Towers ne serait-ce qu'une minute après l'explosion du premier ? personne sans doute...
Nous devons consentir au réel.
Nous devons constater que la réalité est bien pire que la fiction.
Bruce Willis et son "Piège de cristal" est une animation de Disney Corp à côté du 11 septembre...

Pourquoi sommes-nous si lents à croire ? D'abord parce que nous sommes ramollis, avachis, engourdis et abêtis par ce que nous acceptons de vivre. Nous sommes détournés du vrai but de notre existence, nous ne cherchons pas ou si peu ce but, nous essayons d'oublier notre mort certaine aux travers de plaisirs incertains.
Nous sommes lents à croire parce que la vie nous traverse trop peu...
Il ne s'agit pas d'adhérer mollement à une attitude écolo via deux trois bonnes pratiques pour lesquelles faire une p'tite pub dans tout le quartier : "tu vois, Monique, maintenant je ne prends plus de sacs plastiques au Super U et je porte mes bouteilles au bac vert, même mieux : le lait je prends du bio...tu vois je m'y mets !".
A ce rythme, je crains que notre ami Yves (Paccalet) ait raison : "l'humanité disparaitra, bon débarras". A quand l'amende de non recyclage, la taxation des produits qui sont chargés en pesticides, le triplement de la taxe "gros 4x4", l'interdiction à la vente des matériaux non-écologiques, etc,...!!!

Oyé braves gens ! Il nous faut du lourd, du costaud, pas de la demie portion pour les années qui viennent.
Les Etats-Unis proposent de baisser de 4% leurs émissions là où l'Europe est à 20%. Ni la Chine, ni les Etats-Unis n'avaient signé Kyoto. Vont-ils signer Copenhague ? Ils sont pourtant aujourd'hui parmi les plus gros pollueurs de la planète...
Je n'ai pas peur mais je suis inquiet aussi de voir à quel point, au travers de notre peu de réaction, nous n'aimons pas nos enfants, à quel point nous les méprisons, nous les prenons pour des objets, des "gamins de compagnie". Nous leur donnons des produits pourris à manger, nous leur vidons le cerveau avec des jeux de guerre et de compétition, nous les mettons dans des écoles vides d'écologie, nous voulons pour eux une vie facile alors que nous devrions leur souhaiter une vie heureuse.
Combien parmi les "décideurs" votants de Copenhague pensera à ses propres enfants en les aimant vraiment, aux enfants de la planète en les aimant vraiment ?

Chante, chante petite sirène de Copenhague, mais si Andersen voyait ce que devient notre conte de la Terre, sûr qu'il te demanderait de sonner, et de sonner fort, sirène de Copenhague...

dimanche 14 juin 2009

Soupe au lait et à la grimace


Disons le tout net, les problèmes de "producteurs", quels qu'ils soient, ne nous laissent pas indifférents. Déformation professionnelle sans doute.

A ce titre, la crise laitière française révèle à nouveau cette désespérance internationale qui touche tous ceux qui fabriquent ce que nous mettons in fine dans nos assiettes. Ceux qui nous nourrissent sont les moins bien nourris et ont eux-mêmes du mal à se nourrir. Qui faut-il croire ? Qui gagne quoi ?

Aujourd'hui un litre de lait est acheté au producteur 0,28 €. Une vache produit environ 6000 litres de lait par an soit 1680 € de chiffre d'affaires par an. Prenons le principe d'une marge brute à 30% pour tous les acteurs de la filière. Avec 30% de marge, notre producteur gagne 504 € par vache et par an, soit sur un troupeau moyen de 40 vaches, 20 160 € sur lesquels il doit payer ses charges de structures et ses charges salariales. Avec 30% de marge, il gagne 0,084 € par litre.

Imaginons maintenant un lait entier de marque vendu à 1,07€/l TTC, soit 1,01€/l HT en grande surface. Avec une marge à 30% pour notre distributeur, la marge par litre est à 0,30 €, soit 3,6 fois plus que le producteur. Pour un même volume de lait que le producteur, le distributeur va disposer d'une masse de marge de 6000 l x 40 vaches x 0,3 = 72 000 €.

Entre les deux, l'industriel qui lui a collecté, mis en bouteille, étiquetté et livré au distributeur a acheté à notre producteur son lait à 0,28 €/l et l'a vendu au distributeur à 0,71 € (1,01 -0,3), sa marge à lui est de 61%...A moins alors que ce soit le distributeur qui marge plus et l'industriel qui marge moins ? Laissons les se débrouiller entre eux....

Ce dont nous sommes sûrs c'est que le prix du lait payé à 0,28 €/l est une annonce officielle et que le prix de 1,07 €/l est issu ce jour du comparateur "quiestlemoinscher.com"....

Pourquoi cette démonstration ?

Pour expliquer au consommateur que ce qu'il paye avant tout ce ne sont pas les subventions des producteurs mais les spots de pub TV ultra-coûteux des marques sur le lait ou les tracts en couleur distribués massivement par les distributeurs dans nos boîtes aux lettres...

Pour expliquer au consommateur que les pourcentages sont des pièges dans les calculs : préfèreriez-vous gagner 30% de 100 000 € ou 15% de 1 000 000 € ? Faites le calcul et vous ferez le bon choix.

Pour expliquer au consommateur qu'il pourrait imaginer une histoire dans laquelle tout le monde ferait 30% de marge. Le prix du lait ne serait pas à 1,07 €/litre mais à 0,98 €/litre. Pire ! si tout le monde, producteur, industriel transformateur et distributeur prenait le même montant de marge, mettons 40 000 € par exemple, le litre de lait serait lui à 0,70 € le litre !!!

Pour expliquer au consommateur que si la transparence des prix n'est pas réalisable aujourd'hui c'est parce qu'il faudra du temps pour mettre autour de la table, ensemble, les producteurs, les transformateurs, les distributeurs, les consommateurs. Que ce temps est nécessaire pour atteindre la maturité qu'il faudra alors à chacune des parties pour ne pas tomber dans le piège du "prix le plus bas", qui ruinerait définitivement les fondements de la confiance, bien préférable et de loin, à la transparence.

Nous percevons pourtant au travers de ces crises à répétition, l'urgence et la nécessité d'établir une économie sur le prix le plus juste, bâti sur un contrat entre quatre parties, conscientes que de leur responsabilité découlera un équilibre et une stabilité pour un développement harmonieux de la filière.


Une redistribution des rôles dans la filière dans laquelle les distributeurs seraient vaches et où les agriculteurs deviendraient veau-tours n'apporterait aucun effet boeuf.

Le défi des prochaines années est de réunir tout ce petit monde autour d'une table pour décider de ce que nous voulons faire ensemble. Nous nous y employons..

vendredi 29 mai 2009

Il fait beau et chaud

...où la plus puissante contrepèterie Belge à ce jour. Voilà, c'est fait et maintenant si on parlait un peu Soleil pour accueillir ces journées à rallonge, ces soirées interminables rythmées par les barbecues et le rosé bien frais (Très frais, sinon c'est dégueulasse).

Je n'en peux plus d'attendre désespérément ces piqures de Moustiques-Cyborg, ayant survécu à plusieurs vagues d'erradication chimiques, et dôtés désormais de super-pouvoirs et d'un outillage très sophistiqué, perforant les revêtements les plus résistants. Je pense d'ailleurs que la filière textile devrait sérieusement réfléchir aux améliorations techniques à apporter à nos fringues. J'attends qu'un couillu décide de sortir une gamme, genre Mosquito-Warriors et que Car-glass adapte sa pub en changeant un trou de la taille d'une pièce de un euro pour un trou de la taille d'un moustique...on aurait là une version moderne du Kid de chaplin avec nos amis les bêtes en gamins farceurs....

Je noircis là, par ce qu'en fait, il n'y aurait que les femelles qui piquent...si, si, me demandez pas comment "ils" savent, mais je les crois !. Le mâle Moustique de toute façon, ne visant pas mieux qu'un homme dans une cuvette de toilette, c'est du simple bon sens.

Par contre je n'ai jamais su si ils volaient en couples, ou les males d'un côté, et les femelles de l'autre...si vous avez des infos, je suis preneur. J'imagine qu'ils doivent se spécialiser par secteurs : foot pour les garçons, cuisine pour les filles, et qu'après ils se retrouvent pour se raconter leur soirées comme les petites frappes de réservoir dog, en s'indignant sur les parfums et aérosols merdiques qu'ils sont obligés de s'ingurgiter avant de déguster leur pinard (cette année, ya comme un arrière goût "fraîcheur Pin des Landes").

Je reviens au Soleil, qui va faire une entrée élégante dans notre univers quotidien...c'est vrai qu'avec un voisin à 150 Millions de kilomêtres, pas besoin de double vitrage. Bref, un copain classieux qui n'exige plus, comme à nos ancètres, qu'on lui sacrifie un nouveau-né, une récolte, et que sais-je. Dans la bande des 4 (éléments), c'est le seul qui ne se fait pas payer d'honoraires :

- la terre il y a longtemps qu'on se bat et qu'on paye pour en avoir un petit bout, même si c'est au détriment de la vie d'autrui et même si il faut tuer pour ça,

- l'eau, idem. Il y a un couillon, genre poète, qui a dit que" la différence entre le désert et l'oasis, ça n'est pas l'eau, c'est l'homme". Visionnaire le gars, moi basique je constate qu'au plus il y a d'hommes (surtout ceux-la) au moins il y a d'eau...c'est moins poétique, mais plus pratique. Bref, on paye,

-l'air, et bien on y est depuis quelques années dans quelques grandes métropoles, où il n'est plus rare de croiser des gens portant des masques à filtre sur le visage et qui vont se prendre une petite dose d'Oxygène à l'apéritif,

Le soleil, c'est encore gratuit, mais c'est par ce qu'il a tout compris : De toute façon, les recettes, les dons seraient détournés avant le retour au bercail...c'est long 150 millions de kilomêtres, il s'en passe des choses.

On peut quand même le saluer et le remercier, après tout, il "ne brille que pour les vivants". On va même essayer (on est plusieurs, et on est motivés) de faire bien fructifier la richesse que tu mets à notre disposition...où comme l'a dit Philippe Montillier"que serait la lumière, sans les êtres qui la perçoivent"

Que la lumière soit (Citation de AC/DC) et que nous en soyons dignes !

C'est mon dernier mot Jean-Pierre (oui, le soleil s'appelle Jean-Pierre !)

lundi 25 mai 2009

Quand faut y aller…

Quelle jolie idée que celle d'écrire, de penser que l'on pourrait savoir raconter, exprimer, imaginer, de se rêver lu par quelques uns, et sans aller jusqu'à avoir du talent, oser se laisser prendre à la magie des mots, des accents, des ponctuations.

Une fois que l'on se lance et que l'on ose aligner les mots, se demander quel sujet va mériter de se voir effeuiller étaler scruter, quel thème choisir, par où commencer ? Nos vies, nos envies, nos difficultés, nos frustrations, nos espoirs, tellement de sujets, petits ou grands qui méritent un peu de temps, de recul, de réflexion, juste pour voir si l'on peut alimenter la spirale des mots qui porte le progrès du monde.

De toute façon il faut se lancer, le style prime avant tout et le geste est autoporteur, alors les rieurs pourront toujours railler, et les railleurs rire, je vais me lancer, et comme disait le poète « c'est toujours mieux que de jouer au foot ».

jeudi 21 mai 2009

Un scandale sans objet

Dimanche 17 mai - vers 16h00- une émission sur le "Bio" attire mon attention. C'est sur France 2. Mon sang ne fait qu'un tour : j'en ai immédiatement déduit que Drucker était mort, tant le dimanche après-midi était devenu depuis tant d'années (combien, je ne sais pas, demandez à ma mère, moi je suis un contemporain de Brel), l'imprenable bastion du célèbre mais naphtalique présentateur. Ma joie de voir un thème pareil abordé un dimanche après-midi fût de courte durée. Je sentis une angoisse m'étreindre presque aussitôt à l'idée qu'une substitution de contenu aussi rapide devait tout de même laisser devant le petit écran une bonne majorité de la clientèle usuelle de "Vivement Dimanche", c'est à dire des personnes âgées, nostalgiques de Maritie et Gilbert Carpentier, ou alors des personnes empêchées (de sortir de chez eux, de bouger, de marcher, bref de fuir...). Pas vraiment le public idéal pour une émission sur le bio...Une telle émission avec un thème aussi passionnant allait-elle capter l'attention d'un public aussi exigeant et sûr ?
En digne successeur de Michel, Guillaume Durand, bo-bio présentateur de l'émission, trônait au milieu d'un parterre de fruits et légumes brillants et multicolores, censés mettre le plateau en conformité avec le sujet ("bô écoute Jessica, ok tu manges bio mais je te rappelle que tu n'es qu'assistante de prod., alors tant pis si ils ne sont pas bio les fruits et les légumes, à l'image ça se verra pas, voilà, alors tu descends vite chez l'arabe du coin et tu me ramènes des fruits beaux, bien gros et pis c'est tout). 
Tel Moïse devant la Mer Rouge, Guillaume sépara alors l'audience en deux. A sa droite, les "pro-bios", immédiatement sympathiques, et à sa gauche, visiblement triés sur le volet, soit par rapport à leur passé suspect, soit par rapport à un présent coupable, les "anti-bios".
Je fus vite rassuré sur la capacité de l'émission à satisfaire l'audience habituelle de Michel : cette émission était bâtie sous forme d'une pièce de théâtre ! Vous savez ces pièces de théâtre, dites "de boulevard" dont la seule lecture du titre ne vous suscite aucune envie d'y aller, genre "Dis-moi où tu as posé la savonnette ou je te quitte" et qui font la part belle à des acteurs très connus...il y a 20 ans, attirant ainsi des hordes de spectateurs septuagénaires par grappes de cars de tourisme.
Enfin, peu importe, l'émission pouvait commencer.
Un peu à la manière des jeux d'arènes de la Rome Antique et afin d'exciter un peu des lions ramollis par la conscience croissante que leur destinée n'était définitivement pas de faire les premiers rôles dans des spectacles pour adultes, Guillaume, en dresseur téméraire, avisa alors une pauvre géographe, seule femme du banc des méchants anti-bios de surcroît, et jeta derechef à la lionne supposée, une pique quasi-journalistique commençant par "je cite dans votre livre"... Réaction immédiate de l'intéressée : "je ne peux pas vous laisser dire cela".
Le débat était ouvert. Alea jacta est..
S'ensuivit une joute verbale dont les protagonistes "anti", très vite à court de munitions et n'ayant tiré jusqu'alors qu'au pistolet à fléchette tout autour de la cible (c'est pas bien précis ces machins là), adoptèrent l'attitude du grand fauve "pas trop dans son assiette aujourd'hui", de ce fait, vite rassasié par l'apéro et repu par l'annonce de parution de leurs ouvrages respectifs ("de toute façon, c'est pas moi, c'est l'éditeur qui voulait que je participe").
Parmi les drôleries et autres truculences de l'émission, Michel-Edouard (Leclerc) et Tristan (Lecomte) dans le camp opposé (une pièce de théâtre j'vous dis), sur une mise en scène originale du distributeur repenti convaincu par un changeur du monde intrépide (très bon au demeurant ce dernier dans son argumentation calme et pédagogique, bravo Tristan - NDLR). Malgré 40% de comiques (Marc Jolivet et Didier Gustin) et 20% de l'effectif au violon pour perpèt' (Catherine Lara), les "pro-bios" s'en tirèrent très bien.
Mais de quoi au fait ? c'était quoi l'enjeu ? 
Vite le programme. Le titre de l'émission : "L'objet du scandale, le bio"!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Arlette réveille toi, ils sont devenus fous ! 
Renversé par un violent uppercut audio-visuel au foie (que j'ai solide vu que je mange bio) je me relève douloureusement vers mon clavier. Mais pourquoi diable cette émission ne s'appelle-t-elle donc pas  : "l'objet du scandale, des pesticides dans nos aliments" ???????????????
Du coup j'ai éteins la télé.
Vivement dimanche prochain...